Mesurer sa glycémie directement depuis sa montre, sans piqûre ni capteur sous-cutané. L’idée semblait encore hors de portée il y a quelques années. Pourtant, un brevet récemment déposé par Garmin relance sérieusement cette perspective. La marque évoque une méthode optique capable d’estimer l’HbA1c, un indicateur clé du suivi du diabète.
Une estimation de l’HbA1c grâce à des capteurs optiques avancés
Selon un brevet récemment repéré, Garmin travaille sur une technologie visant à évaluer le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) à l’aide de capteurs optiques intégrés à ses montres connectées.
L’HbA1c est un marqueur médical utilisé pour mesurer la moyenne de la glycémie sur une période de deux à trois mois. Il permet aux professionnels de santé d’évaluer l’équilibre glycémique global d’un patient, bien au-delà d’une simple mesure ponctuelle.
Contrairement aux glucomètres traditionnels, qui fournissent une valeur instantanée à partir d’une goutte de sang, la solution imaginée par Garmin ne mesurerait pas directement le glucose. Elle analyserait les variations de la lumière traversant les tissus et le sang, puis utiliserait des algorithmes complexes pour établir une estimation de l’HbA1c.
Les capteurs concernés seraient proches de ceux déjà utilisés pour la fréquence cardiaque, la variabilité du rythme cardiaque ou la saturation en oxygène (SpO2). Les données seraient collectées sur une période prolongée afin d’identifier des tendances fiables. La montre ne donnerait donc pas une glycémie en temps réel, mais une évaluation des tendances glycémiques à long terme.
Un défi scientifique et réglementaire considérable
À ce stade, il ne s’agit que d’un brevet. Or, de nombreux concepts brevetés ne se transforment jamais en produits commercialisés. Le suivi de la glycémie fait partie des domaines les plus sensibles en matière de santé connectée.
La précision doit être irréprochable. Une estimation incorrecte pourrait entraîner de mauvaises décisions pour les personnes atteintes de diabète. Avant toute commercialisation, la technologie devra passer par des essais cliniques rigoureux et obtenir l’aval des autorités sanitaires.
La concurrence explore également ce terrain stratégique. Huawei propose déjà, sur certains modèles, une évaluation du risque de diabète fondée sur différents indicateurs de santé. Cette fonctionnalité ne fournit pas de mesure chiffrée de la glycémie. L’approche décrite par Garmin viserait un marqueur clinique précis, ce qui implique un niveau d’exigence scientifique nettement plus élevé.
Une disponibilité possible en France, sous réserve de certification
Si cette technologie aboutit à un produit fini, les montres Garmin intégrant cette fonction devraient être proposées en France via les plateformes de vente habituelles. Les modèles haut de gamme de la marque se situent généralement entre 400 et plus de 1 000 euros, selon les matériaux, l’autonomie et les fonctionnalités embarquées.
Les capteurs optiques actuels de Garmin fonctionnent sans blocage régional spécifique. En revanche, l’intégration d’une fonction liée à l’estimation de la glycémie pourrait nécessiter une certification en tant que dispositif médical en France et au sein de l’Union européenne si elle est présentée comme une mesure clinique.
Il est probable que, dans un premier temps, la fonctionnalité soit positionnée comme un outil d’information sur les tendances glycémiques, et non comme un dispositif médical destiné au diagnostic ou à la prise de décision thérapeutique.
Le suivi non invasif de la glycémie, un objectif majeur pour l’industrie
Le suivi non invasif de la glycémie est considéré comme l’un des plus grands défis des objets connectés dédiés à la santé. Supprimer les piqûres répétées tout en garantissant une précision médicale reste un objectif extrêmement complexe.
Si Garmin parvient à transformer ce brevet en technologie validée, précise et certifiée, la montre connectée pourrait franchir un cap important dans le suivi métabolique. Pour l’instant, la promesse reste théorique, mais elle montre à quel point la course à la mesure de la glycémie au poignet s’intensifie.
