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La CNIL annonce 7 millions d’euros de sanctions contre deux sociétés Fnac : les recommandations de produits restent des traceurs

Téléphone affichant une interface générique de préférences

Une application peut afficher des recommandations utiles tout en posant une question distincte sur les données utilisées pour les produire. La CNIL l’a rappelé dans une décision rendue publique le 29 octobre 2026. Elle annonce un total de 7 millions d’euros d’amendes à l’encontre de deux sociétés du groupe Fnac Darty, à propos de traceurs dans une application mobile.

Pour les entreprises qui exploitent un site marchand ou une application, le sujet dépasse la forme du bandeau de consentement. Il touche au fonctionnement réel des outils : quelles informations sont envoyées, à quel moment et après quel choix de l’utilisateur ?

Une décision portant sur un usage précis

Dans son communiqué du 29 octobre, la CNIL indique avoir sanctionné le 22 octobre FNAC DARTY PARTICIPATIONS ET SERVICES à hauteur de 6 millions d’euros et FNAC DIRECT à hauteur de 1 million. Le contrôle concernait un traceur utilisé dans l’application, notamment pour exploiter l’historique de navigation à des fins de recommandations et d’entraînement de l’algorithme associé, sans le consentement requis.

L’autorité souligne que la personnalisation commerciale en cause ne relevait pas des exemptions applicables. Elle a également prononcé une injonction assortie d’une astreinte. Ces éléments décrivent la décision annoncée, sans préjuger de la suite de la procédure ni de l’état ultérieur des outils concernés.

L’affaire ne signifie pas que toute recommandation de produits est interdite. Elle rappelle que la finalité commerciale d’un système et les choix exprimés par les utilisateurs doivent être examinés concrètement.

Le bouton visible ne suffit pas à décrire le comportement

Dans une petite équipe, le suivi des données est parfois réparti entre le prestataire du site, l’agence marketing et le fournisseur d’une application. Chacun connaît une partie de la configuration. Personne n’a nécessairement une vue complète du parcours une fois les différents modules réunis.

Un contrôle de fonctionnement peut donc commencer par un scénario simple : que se passe-t-il pour un visiteur qui ne consent pas ? La réponse attendue porte sur les outils réellement actifs, pas uniquement sur la présence d’un écran de choix. Il faut pouvoir faire vérifier le comportement par les interlocuteurs compétents.

Ce travail ne nécessite pas de collecter davantage de données sur les visiteurs. Il demande d’abord un inventaire compréhensible des finalités, des prestataires et des réglages. Les zones d’incertitude doivent être remontées avant d’ajouter de nouveaux outils au parcours.

Les recommandations commerciales appartiennent au projet produit

Un module de produits similaires est souvent installé pour faciliter la navigation ou augmenter les ventes. Son intérêt commercial ne dispense pas de comprendre comment il fonctionne. Un catalogue, des préférences explicitement fournies et un historique comportemental ne sont pas des informations interchangeables.

Avant de choisir un service, l’entreprise peut demander une explication de son fonctionnement et de ses conditions de déploiement. Une promesse de hausse du panier moyen ne remplace pas cette description. Si la réponse reste obscure, le projet n’est pas assez documenté pour que l’équipe sache ce qu’elle met en service.

Notre guide sur le catalogue B2B et la commande en ligne souligne déjà l’importance de concevoir un parcours adapté aux clients. La compréhension des données utilisées doit faire partie de cette conception, au même titre que la recherche de produits ou la validation du panier.

Préserver des responsabilités identifiables

Lorsqu’un outil est modifié, il faut savoir qui vérifie les conséquences sur les autres composants. Une nouvelle version, un changement de fournisseur ou l’ajout d’une fonction de personnalisation peuvent justifier une revue du fonctionnement. La documentation ne devrait pas rester figée au jour de la première installation.

Une équipe peut attribuer un responsable de suivi, conserver les réponses des prestataires et noter les questions non résolues. Ces pratiques d’organisation ne constituent pas, à elles seules, une garantie de conformité. Elles permettent cependant d’éviter que les décisions se perdent entre plusieurs échanges informels.

La même attention vaut pour les campagnes. Notre article sur les données transmises à une agence Google Ads aide à préparer un dialogue précis avec un prestataire. La recherche de performance doit s’accompagner d’une compréhension de ce qui est effectivement partagé.

Une actualité à traduire en questions de fonctionnement

L’annonce de la CNIL fournit un cas concret pour revoir un dispositif de personnalisation. L’objectif n’est pas de copier une conclusion juridique à partir d’un article, mais de soumettre les points incertains aux personnes compétentes, avec des exemples observables.

Une recommandation pertinente pour le client reste une fonctionnalité à documenter. Savoir quelles données la rendent possible, comment le choix de l’utilisateur est appliqué et qui contrôle les évolutions rend le projet plus lisible pour toute l’entreprise.

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À propos de l’auteur

Nadia Battachi

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